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Diffusé en 2001 dans l’émission Tracks sur ARTE, ce documentaire plonge dans le cœur du graffiti vandale parisien au tournant des années 2000. Les rames et les murs du métro sont en première ligne : selon le reportage, les tags et les graffs auraient été multipliés par cinq en quelques années. Résultat : la RATP et les autorités déclarent la guerre aux writers, pendant qu’une nouvelle génération de graffeurs monte au front, plus déterminée et plus hardcore que jamais.
On y suit plusieurs tandems et crews emblématiques de cette période :
Khan & Swen (93MC)
Home & Cezam (D 7/7)
Rap & Siel (U.V.)
Kavalone
Le film les montre en action et dans leur quotidien : repérage des dépôts, préparation des missions, marche de nuit, entrée sur les voies, peinture en urgence sur les rames, puis retour à une vie “normale” le jour. On voit les tunnels, les arrières-gares, les lignes de métro et de RER, mais aussi la banlieue, les terrains vagues, les façades taguées – tout ce décor qui a forgé la réputation du graffiti parisien.
Tracks ne se contente pas de filmer les panels :
le doc donne aussi la parole aux taggueurs, qui expliquent leurs motivations, leur rapport au risque, à l’adrénaline, au marquage du territoire. En face, on entend le discours des autorités, des services de nettoyage, de ceux qui parlent de “vandalisme” et de “dégâts”, ce qui rend le contraste encore plus fort : deux visions du même acte, l’une purement répressive, l’autre vécue comme une nécessité d’expression.
Ce documentaire capture un moment précis de l’histoire :
les années où le graffiti métro est encore très présent en circulation,
où les crews structurent leurs actions comme de vraies opérations commandos,
et où les médias commencent à s’y intéresser, parfois fascinés, souvent inquiets.
un instantané de la scène parisienne et de sa banlieue en 2001, avec des blazes et des crews qui ont marqué la suite. C’est le genre de contenu qui permet de comprendre, pour ceux qui arrivent maintenant, d’où vient la culture vandale qui irrigue encore le graffiti aujourd’hui.