STORIES
Dans ce documentaire tourné sur le Mur Oberkampf, on suit BABS UV TPK en pleine session, en train de recouvrir l’un des murs les plus emblématiques de Paris. Situé rue Oberkampf, ce mur est géré par l’association Le M.U.R. (Modulable, Urbain, Réactif) qui invite des artistes urbains à intervenir régulièrement ; l’œuvre de chacun ne vit que quelques jours ou semaines avant d’être recouverte par la suivante. C’est un spot mythique, à la frontière entre rue, galerie à ciel ouvert et terrain de jeu pour les pionniers du graffiti.
La caméra capte BABS en action, dans ce qu’il sait faire de mieux : transformer une surface brute en champ de bataille abstrait. Né à Paris en 1975, il découvre le graffiti très jeune et commence à taguer les rues de Vitry-sur-Seine et de la banlieue sud à l’adolescence, avant de passer aux métros, RER et trains dans les années 90, notamment avec les crews UV et TPK.
Son style, nourri par le wildstyle et une culture d’art visuel très large (BD, histoire de l’art, abstraction), se reconnaît au premier coup d’œil : lettres déstructurées, fragments de formes, mouvements, coulures, construction/déconstruction permanente. Son travail sur mur, que ce soit en pur vandale dans les souterrains parisiens ou aujourd’hui sur des murs “officiels” comme Oberkampf, reste chargé de la même énergie : une peinture qui parle de vitesse, de tension, de couches d’histoires superposées.
Le film montre bien ce basculement sans trahison :
un ancien vandale de trains devenu artiste reconnu, passé par les galeries et les ventes aux enchères, mais qui continue à peindre dehors, en public, face aux passants, avec la même implication qu’à l’époque où tout se faisait de nuit derrière les grilles.
c’est à la fois un document sur BABS, un focus sur le Mur Oberkampf et un rappel d’où vient une partie de la famille TPK : des tunnels, des lignes, des murs qui changent mais gardent les traces de ceux qui sont passés avant.